vendredi 6 novembre 2015

Bulles de feu #1 - Les Quatre de Baker Street (1-6)

 Les Quatre de Baker Street, 6 tomes (série en cours)
Scénario de Jean-Blaise Djian et Olivier Legrand, Dessin de David Etien

Personnages de l'ombre, et de toujours, des aventures de Sherlock Holmes - l'original, celui de Conan Doyle - les Irréguliers de Baker Street, aussi nommés les Francs-tireurs de Baker Street, sont un groupe de gamins des rues qui aident le fameux détective dans des petites tâches : filatures, collectes d'informations, surveillances, ... Ces petites mains, bien qu'invisibles aux yeux de tous, sont plus qu'utiles au grand Sherlock et sont une aide précieuse.

Partant de là, Djian, Legrand et Etien en ont fait les personnages principaux de leur série Les Quatre de Baker Street. L'occasion pour les francs-tireurs d'être enfin sur le devant de la scène.

C'est une double histoire que conte cette série. D'abord les aventures de ce groupe, désormais réduit, d'irréguliers. Trois gamins débrouillards qui vont résoudre quelques affaires et tenter de survivre au sein des bas-fonds de Londres, en ayant l'espoir d'une vie meilleure et en dépassant les affres de leurs passés respectifs. Malgré l'âge des protagonistes, rien d'enfantin dans l'histoire, les héros vivant dans un monde d'adultes et n'ayant pas vraiment le luxe d'être des enfants.

En filigrane de leurs aventures, le grand Sherlock mène l'enquête et utilise de temps en temps ses jeunes amis. Un aspect qui va grandissant au fil des tomes, les aventures des deux parties finissant par ne faire plus qu'un. C'est l'occasion de vivre ou revivre, d'un point de vue plus extérieur que celui du docteur Watson, toutes les principales étapes de la vie d'Holmes.

Les Quatre de Baker Street est une très bonne série. Elle mêle astucieusement la "petite" histoire de ces enfants et la grande histoire de Sherlock Holmes. Les personnages sont intelligents et attachants. L'histoire est dynamique et possède une alternance bienvenue entre action et calme. Surtout, le dessin et les couleurs sont superbes. Un excellent mélange qui donne le sourire, sans fausse note tout au long des 6 tomes parus actuellement, tous d'un niveau égal. Une série fortement recommandable, et ce pour tous les publics.

lundi 2 novembre 2015

Francis Berthelot - La Symphonie inaccessible

La Symphonie inaccessible, Francis Berthelot, 2006, 21 pages (pdf).

La nouvelle gratuite du mois de novembre offerte par Le Bélial' est La Symphonie inaccessible, une nouvelle de Francis Berthelot, à télécharger ici, à l'occasion de la sortie ce mois-ci du premier volume de l'intégrale du Rêve du Démiurge.

Sur son lit de mort, un compositeur refait le film de sa vie, à travers les siècles, et de sa recherche de l'oeuvre qu'il n'a jamais réussi à composer mais dont il a tout de même trouvé le titre : la symphonie inaccessible.

Une nouvelle musicale donc, qui résonnera à vos oreilles tout autant par son thème que par la douce écriture de Francis Berthelot. "Doux" est vraiment le terme qui convient le mieux à l'ensemble de ce récit. Une nouvelle simple, fluide et dotée d'une belle conclusion. Un bon moment.


Cinquième lecture francophone pour le Challenge Francofou

mercredi 28 octobre 2015

René Barjavel - La Faim du tigre

La Faim du tigre, René Barjavel, 1966, 215 pages.

La Faim du tigre n'est pas un roman. C'est un essai sur la condition humaine. Son titre est extrait d'une citation de Charles-Louis Philippe, citation qui donne bien le ton et la thématique de l'essai de Barjavel :
« La faim du tigre est comme la faim de l'agneau. C'est la faim naturelle et implacable, mais douloureuse, de vivre. C'est cet appétit insatiable de provoquer ou d'endurer l'atrocité au quotidien, pour perdurer, toujours, ce sinistre théâtre où s'illustrent souffrances, crimes, terreur et esclavage, auxquels seule la Mort peut mettre fin. La Faim du tigre, c'est enfin et surtout la recherche rageuse de la raison pour laquelle, dans un cynisme sordide, ce sont la grâce, la beauté, l'innocence et l'amour, qui ont été choisis pour rythmer cette tragédie. »
Pas de récit politique ici mais un monologue sur les raisons de la vie humaine et sur son apparition, avec comme point d'orgue la recherche du "Créateur" et la redéfinition du terme "Dieu" à une entité primaire non galvaudée par les religions. C'est purement philosophique et métaphysique, et c'est pourtant facile d'accès et grand public grâce à un style très imagé et limpide, accompagné de nombreux exemples et phrases qui font mouche.

De par l'objectif initial du livre et pour quelques idées, je ne peux pas dire que j'ai apprécié ma lecture et que je la recommande. Pour autant, ça reste agréable à lire dans sa grande majorité, il y a de l'intelligence et de belles démonstrations dans un phrasé percutant. Barjavel se fait plaisir et ça se ressent. Un livre bien particulier, étonnant et détonant.
« Coupez en deux un petit ver flamaire, sa tête va reconstituer une queue, et sa queue une tête, et vous aurez deux vers. Essayez d'en faire autant avec un caniche... »

CITRIQ

mercredi 21 octobre 2015

Ken Liu - La Ménagerie de papier

La Ménagerie de papier, Ken Liu, 2004-2014, 424 pages.

19 nouvelles, pour la très grande majorité inédite en France, d'un auteur qui apparait comme incontournable dans le domaine au vu des diverses critiques élogieuses s'y rapportant. Notons que deux nouvelles ont déjà été "chroniquées" par ici : L'Erreur d'un seul bit et Faits pour être ensemble. Pas de baffes à l'époque. Pas de baffes aujourd'hui.

Peut-être faut-il y voir l'expression d'une attente trop importante. Le fameux "tout le monde trouve ça génial, du coup je vais prendre une claque, et en fait euh...". Je ne crois pas, notamment parce que le format de la nouvelle permet de continuellement remettre les choses en perspective. Et donc non, je n'ai eu aucun "coup de coeur" au sein de ce recueil, pas même la nouvelle éponyme, La Ménagerie de papier, pourtant auréolée de tout ce qui peut s'auréoler.

Mais ne restons pas fixé sur l'aspect "négatif" et ayons une vision plus positive : ce recueil est bon. Au fil des 19 nouvelles, Ken Liu varie les genres et les thématiques, même si le cerveau, le langage et d'une manière générale le rapport à l'autre (notamment dans sa version extraterrestre) sont bien souvent sur le devant de la scène. Il est plaisant de ne pas avoir l'impression de relire sans cesse une même idée, d'avoir vraiment la sensation de changer d'histoire à chaque nouveau récit. Il n'y a qu'une seule constante : la bonne plume de Ken Liu, à l'écriture fluide et agréable.

Je ne rentrerai pas dans le fastidieux détail des 19 nouvelles. En relisant la liste, je n'en vois pas une à faire particulièrement ressortir, la qualité est globalement constante. Étonnamment, la seule que je pourrai avoir envie de souligner serait Le Livre chez diverses espèces, une "nouvelle" très particulière, à l'inventivité folle.

Pas de coup de coeur, pas de sentiment exceptionnel. Mais La Ménagerie de papier reste un bon recueil, une bonne découverte de l'éclectisme de Ken Liu et un bon moment à passer. Juste bon. Mais n'est-ce pas déjà tout ce qu'on demande à un livre ?


Troisième participation pour le CRAAA

CITRIQ

lundi 12 octobre 2015

John Lang - Chaos sous la montagne

Chaos sous la montagne, John Lang, Tome 4/4 ou 5/5 du "Donjon de Naheulbeuk", 2014, 379 pages.

La fin de l'aventure (ou des aventures) de la compagnie des Fiers de Hache ! Après deux premières saisons audio (regroupées sous le roman À l'aventure, compagnons !) et trois romans (La Couette de l'oubli, L'Orbe de Xaraz et Le Conseil de Suak), Chaos sous la montagne vient clore l'épopée romanesque du Donjon de Naheulbeuk, une oeuvre devenu multi-surfaces, même si la Terre de Fangh réserve encore bien des surprises.

On retrouve notre troupe d'aventuriers quelques jours après la fin des évènements du Conseil de Suak et l'histoire se poursuit logiquement, même si l'ambiance est un peu particulière. Le fait que l'histoire se déroule pendant la guerre et que les héros soient au sein d'une masse plus importante y est surement pour quelque chose, tant on est habitué à les suivre de manière "intimiste" et à les voir évoluer "juste" ensemble. Cette minime séparation entraîne moins de dialogues et plus d'actions, perdant un peu du charme de la série et créant un petit coup de moins bien.

Pas d'inquiétude pour autant, le cours normal des choses reprend assez vite et on peut de nouveau savourer les saillies verbales de nos protagonistes et suivre avec joie les seconds rôles en arrière-plan, dans des parties souvent plus mordantes que le récit principal. Il n'y a ici pas de hasard : si l'on a apprécié la série jusque là, on aimera ce dernier tome. Peut-être pas pour la force de sa narration ni pour le style extraordinaire de John Lang. Mais bien pour le simple plaisir de voir évoluer cette bande que l'on suit depuis des années et d'entendre leurs répliques assassines en imaginant les voix de la saga mp3 d'origine. Un plaisir de fan déjà conquis qui n'en demande pas plus et sait à quoi s'attendre.

Quatrième lecture francophone pour le Challenge Francofou

CITRIQ