lundi 9 avril 2018

John Scalzi - Imprésario du troisième type

Imprésario du troisième type, John Scalzi, 2005, 407 pages.

Les extraterrestres sont là ! Enfin, presque, puisqu’ils sont pour le moment en orbite, attendant de savoir comment faire leur apparition pour ne pas effrayer les humains. Car les Yherajks sont des tas de gélatine informes, des blobs, et qui plus est puants ! Pour les aider, ils embauchent Tom Stein, agent de stars à Hollywood. Trouvera-t-il une solution ?

C’est ainsi que se présente l’intrigue, tant en quatrième de couverture que dans les premières pages. Ce qui peut s’avérer tentant à lire, non ? Fausse joie. L’histoire ne conte quasiment pas cette problématique, préférant se concentrer sur le travail d’agent du héros et nous plonger au cœur d’Hollywood.

Malgré tout, ça se lit très facilement, notamment car tout est quasiment en dialogues, et c’est même plutôt plaisant dans son style. Mais il n’en reste pas moins l’impression de s’être fait un peu floué et de n’avoir pas vu l’idée de base être réellement développée. Dommage.

vendredi 6 avril 2018

Bulles de feu #4 - Marcel Pagnol en BD

La Gloire de mon Père, Le Château de ma Mère, Le Temps des secrets, Serge Scotto, Eric Stoffel et Morgann Tanco, 2015/2016/2017, 85/80/85 planches.

Coup de projecteur sur la collection "Marcel Pagnol en BD" chez Grand Angle. Où comment rattraper un peu de culture et de classiques à moindre temps.

Le gros morceau en est évidemment la trilogie des souvenirs d'enfance. Trilogie qui sera une quadrilogie dans la version planches puisque le troisième tome, Le Temps des Secrets, sera divisé en deux volumes en BD : Le Temps des Secrets, sur la partie scolaire et qui déjà sorti, et Le Temps des Amours, sur la partie amoureuse et qui sera disponible prochainement.

N'ayant jamais lu les livres de Marcel Pagnol, je ne peux comparer avec l'original. Mais à voir la préface du petit-fils de Pagnol et la postface détaillée, et très intéressante, des auteurs dans chaque volume, cela parait fort documenté et le plus fidèle possible.

En tout cas, l'esprit de l'oeuvre semble respecté et c'est bien cet esprit qui fait la force de ces lectures. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai préféré les deux premiers volumes, se déroulant presque entièrement dans la garrigue, au troisième qui se déroule en milieu scolaire et qui est bien plus commune.

Envie d'une lecture gentille, douce, portée par un superbe dessin, symbole d'une époque et qui permet de (re)découvrir une grand auteur français ? Vous pouvez vous lancer sans hésitation !


Mais la collection ne s'arrête pas aux souvenirs d'enfance puisque les autres oeuvres de Marcel Pagnol sont, ou seront, aussi transposées en bd ! Sont sortis à ce jour : Topaze (en deux tomes), Jazz, Jean de Florette (la première partie seulement), Le Schpountz et Merlusse. J'ai d'ailleurs lu ces deux derniers.
Le Schpountz est amusant à défaut d'être un grand spectacle comique. C'est assez particulier et loufoque, mais je me suis surpris à me prendre un peu au jeu au fil des pages.

Merlusse est un gentil conte de Noël. C'est assez anecdotique dans son ensemble, l'histoire est loin d'être riche et il n'y a quasiment aucune surprise, mais c'est gentil.

mercredi 28 mars 2018

Regarde le soleil - James Patrick Kelly

Regarde le soleil, James Patrick Kelly, 1989, 353 pages.
« Regarde le soleil. Regarde le soleil… » Wing ouvrit sa flasque. « Ça veut dire quoi, de toute façon ?
- C’est comme un koan. Une sorte de proverbe. C’est long à expliquer. »
Long à expliquer, je ne sais pas. Long à venir, c’est certain. Près de 100 pages avant d’enfin avoir quelques informations utiles et comprendre quelque peu le monde vers lequel veut nous faire voyager James Patrick Kelly. Le temps pour Phillip Wing, notre héros humain, de prendre la route pour la planète Aseneshesh où il doit mettre en pratique ses talents d’architecte.

Malheureusement, ce n’est pas mieux après. Il y a de bonnes idées dans Regarde le soleil, de bons axes : la découverte d’une nouvelle espèce avec son mode de vie, une mise en avant de l’architecture, une imagination technologique, une réflexion sur la religion, … Sauf que tout est survolé et que rien ne donne satisfaction. Pire : la fin est frustrante, entre non-réponse et résolution par le mysticisme.

La quatrième de couverture osait la comparaison à Ursula Le Guin et il est facile de voir pourquoi. Sauf que la réalisation n’est pas du tout la même. Plutôt que de lire Regarde le soleil, préférez (re)lire un Ursula le Guin.

dimanche 25 mars 2018

La Fille Automate - Paolo Bacigalupi

La Fille automate, Paolo Bacigalupi, 2009, 639 pages.

Étonnamment, la fille automate n’est pas le personnage principal de ce roman. Certes elle en est un élément central, pivot, mais on ne la voit finalement que peu. Elle n’est qu’une parmi tous les personnages que suit ce livre.

Le vrai personnage principal, c’est la ville de Bangkok, luttant pour sa survie et son indépendance, luttant contre les puissances extérieures et contre ses démons intérieurs. C’est notre monde, tel qu’il pourrait devenir…

Mais toute la force de La Fille automate, c’est de ne pas être moralisateur et d’être discret. Ian MacDonald Paolo Bacigalupi nous conte simplement l’histoire de personnages essayant chacun de survivre et d’avancer, sans chercher ouvertement à passer un message. Et c’est ainsi qu’il passe de manière encore plus frappante.

Pourtant le début de l’ouvrage parait parfaitement banal. Un peu ardu même, le temps de réussir à se repérer dans un univers dont on ne nous donne pas clairement les clés. Et puis les pages se tournent. Il ne se passe pas énormément de choses, mais pourtant les pages filent rapidement. Et, sans s’en rendre compte, la dernière page est tournée. Ne reste alors qu’une impression : pas celle d’avoir lu un roman banal, oh non, mais bien celle d’avoir lu un très grand livre. Chapeau !

jeudi 22 mars 2018

Bulles de feu #3 - Le Partisan

Le Partisan, Maurizio A. C. Quarello, 2017, 96 planches.

À l'image de l'excellent Un Océan d'amour de Wilfrid Lupano et Gregory Panaccione, Le Partisan est une BD sans aucun texte, si ce n'est les titres des chapitres. Un tour de force pleinement réussi puisque la compréhension n'est pas du tout gênée par cette particularité. Une compréhension qui est confirmée, et contextualisée, par une courte postface.

Le Partisan conte l'histoire de la résistance italienne fin 1944-début 1945, et plus particulièrement d'un couple : les grands-parents de l'auteur. C'est à prendre comme une tranche de vie qui permet de survoler une petite période de l'Histoire. Ça se lit très facilement et très rapidement, et mérite le détour pour la réussite du "sans parole" et la qualité du dessin. Cela manque tout de même de quelque chose en plus pour en faire une bd mémorable, d'un peu de corps, l'histoire étant trop "simple" et linéaire. Mais cela reste un bon emprunt à faire en bibliothèque.