lundi 15 décembre 2014

Larry McMurtry - Lonesome Dove (épisode 1)

Lonesome Dove, Larry McMurtry, Épisode 1/2, 1985, 569 pages.

Lonesome Dove est un western. Mais il est un peu plus que cela. Pour beaucoup il est le western, celui qu'il faut avoir lu. Après 569 pages de plaisir, je suis bien obligé d'avouer, dans un aveu qui ne me coûte rien (bien au contraire), que je ne suis pas loin de devenir moi-même un propagateur de cette bonne parole.

Mais si Lonesome Dove est originalement un livre, il est découpé en français en deux "épisodes", chez les excellentes éditions Gallmeister. Ainsi, on peut facilement faire l'erreur de n'avoir que le premier tome sous la main, de le dévorer tout en prenant son temps pour pleinement le savourer, et se retrouver un peu bête de ne pas avoir la suite à disposition. Pour ma part, cette erreur sera réparée sous (très) peu.

En attendant, je ne fais pas de véritable chronique de ce premier épisode. Il y aurait déjà de nombreuses choses à dire, là n'est pas le problème. Mais j'ai envie d'avoir le fin de mot de l'histoire avant d'en parler, pour n'avoir aucun frein qui pourrait m'empêcher de crier pleinement mon bonheur.

Ceci est donc le teaser d'une chronique à venir. Mais je peux quand même vous le dire : Lonesome Dove c'est du bon, du très bon, du très très bon. À très vite.

jeudi 11 décembre 2014

Laurent Whale - Les Étoiles s'en balancent

Les Étoiles s'en balancent, Laurent Whale, 2011, 397 pages.

En cette fin de XXIème siècle, la France a changé. L'État s'est effondré, la misère est partout. Les Villes-États font la loi et la population se divise entre citadins pauvres et hors-murs encore plus miséreux. Ambiance post-apocalypse light. À Pontault, Tom Costa pilote l'un des rares avions encore en état et parvient ainsi à assurer sa survie. Mais dans le nord, la révolte gronde et une vague noire s'apprête à chambouler sa vie.

Une fois n'est pas coutume, commençons par une comparaison. Vous avez lu l'intégrale Alone de Thomas Geha ? Si vous avez aimé l'un, vous risquez d'apprécier l'autre. Je ne dis pas ça parce que les deux ont des références à L'Autoroute sauvage de Julia Verlanger sur leurs quatrièmes de couverture. Mais bien parce que nous sommes vraiment dans un même genre de livre, le pur roman d'action/aventure, qui plus est dans un cadre post-apocalyptique français.

Malheureusement, j'ai les mêmes réserves concernant Les Étoiles s'en balancent que celles que j'avais pour l'oeuvre de Thomas Geha. Les ficelles sont grosses, le déroulé est assez attendu, l'ensemble est un peu caricatural et s'offre quelques belles facilités. Je ne suis pas contre des romans "simples", bien plus porté sur l'action que sur la réflexion, mais je n'arrive pas à y accrocher pendant près de 400 pages. Au bout d'un moment, c'est trop répétitif et cela perd son intérêt premier de divertissement.

Je ne nierai pas que le roman comporte tout de même des qualités qui en font un bel exemple (et un potentiel hommage) de roman populaire. On découvre des personnages sympathiques et l'enchaînement des situations est fluide et dynamique. Surtout, la mise en scène du monde aéronautique apporte quelque chose de nouveau et de particulier à ce roman.

Si je n'ai pas pleinement apprécié Les Étoiles s'en balancent, c'est principalement parce que je ne suis pas la cible de ce roman. Malgré cela, j'ai tout de même passé un relatif bon moment et je pense avoir vu ce qui en faisait un bon roman pour d'autres lecteurs. Si vous appréciez le genre, il y a des chances que vous puissiez y trouver votre bonheur.


Huitième participation au Challenge Francofou

lundi 8 décembre 2014

L.C. Tyler - Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire

Homicides multiples dans un un hôtel miteux des bords de Loire, L.C. Tyler, Tome 2 des Aventures d'Elsie et Ethelred, 2009, 278 pages.

Dans le très bon Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage, nous faisions la connaissance d'Ethelred, auteur de polar (entre autres) au succès limité, et d'Elsie, agent littéraire accro au chocolat. Les voilà de retour, dans une aventure qui les mène cette fois en France, dans un hôtel miteux des bords de Loire, à proximité d'une réunion de philatélistes, où deux homicides vont avoir lieu coup sur coup. Ceci dit, je ne vous apprends pas grand chose, vous aviez lu le titre.

Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire reprend tous les éléments qui ont fait la réussite du premier tome. C'est donc une nouvelle fois un polar en douceur, sans violence (en tout cas au premier plan), à la Agatha Christie, que nous livre L.C. Tyler. Mais l'intérêt n'est pas seulement de lire un polar, l'intrigue étant aussi bien souvent une excuse pour faire évoluer nos deux héros dans des situations amusantes ou pour jouer avec le lecteur.

Une nouvelle fois, L.C. Tyler démontre sa maîtrise des codes du genre et de l'univers de l'édition en général. Habilement, il parvient à s'en amuser, à s'en moquer, tout en les respectant parfaitement. Et si on pouvait avoir peur que le filon soit épuisé et ne fasse que se répéter, il n'y a finalement pas d'inquiétude à avoir : ce deuxième tome est encore meilleur que le premier.

Peu importe que l'on devine rapidement le fin mot de l'histoire, le récit est suffisamment divertissant en lui-même pour passer un excellent moment. Et en allant en terrain connu, en retrouvant nos deux héros-qui-n'ont-rien-de-héros, le plaisir est encore plus fort que lors de la première découverte. Un nouveau coup de génie de la part de L.C. Tyler qui nous offre un livre parfaitement drôle et très intelligent.


Je fourrai Elsie dans la voiture et lançai :
« Roulez ! »
Le chauffeur de taxi, qui connaissait mal les conventions du roman policier, se contenta de se retourner, une cigarette ballante au bord des lèvres.
« Où ça ? »

vendredi 5 décembre 2014

P.-J. Hérault - Le Chineur de l'espace / La Famille

Le Chineur de l'espace / La Famille, P.-J. Hérault, 2014 (1995/1987), 362 pages.

(Le Chineur de l'espace) Glen et Pali sont deux chasseurs d'épaves à la recherche du mythique vaisseau 3M. Mais alors que leur longue recherche touche à son terme, ils s'écrasent sur une planète à la végétation luxuriante. Pire, Pali meurt et Glen se retrouve seul à errer sur cette planète déserte de tout autre être intelligent. Enfin, peut-être pas tout à fait seul...

Le Chineur de l'espace commence comme un simple roman d'aventures, un space-opera de survie. Mais il devient rapidement bien plus que ça, grâce à une rencontre étonnante que je ne vous spoilerai pas, qui peut laisser à douter au départ mais devient rapidement magnifique. Un court roman tout en douceur et très touchant.

(La Famille) Quand il voit la bulle-taxi qu'il aurait dû emprunter exploser, Romaric se rend compte qu'il vient d'échapper pour la troisième fois à une mort accidentelle. Ce qui l'amène à se rendre sur sa planète natale où il obtient confirmation que des tueurs sont à ses trousses, comme à celles de toute sa famille.

La Famille commence quant à lui comme un simple roman d'aventures... et reste un simple roman d'aventures. Après un début quasi-effrayant et un lancement de l'intrigue légèrement forcé, le récit se met en place. Une quête du héros solitaire contre le méchant bien plus fort, héros qui recueille au cours de son aventure quelques amis pour finir par lui botter les fesses. C'est simple, c'est sympa, c'est à tendance Jack Vance et cela fonctionne car ça a l'intelligence de ne pas être trop long.

Un livre, deux courts romans : un superbe texte et une sympathique aventure. Deux récits efficaces qui savent faire plaisir au lecteur en parvenant à toucher deux cordes différentes. Une très bonne manière de découvrir P.-J. Hérault.


Septième participation au Challenge Francofou

mardi 2 décembre 2014

Leigh Brackett - La Malédiction de Bisha

La Malédiction de Bisha, Leigh Brackett, 1954, 30 pages (pdf).

La nouvelle gratuite du mois de décembre offerte par Le Bélial' est La Malédiction de Bisha, une nouvelle de Leigh Brackett, à télécharger ici. Nouvelle se déroulant sur Mars, lieu privilégié de l'auteur, elle apparaît dans l'omnibus Le Grand Livre de Mars, disponible en numérique à partir du 4 décembre.

Fraser est un médecin terrien vivant sur Mars, isolé dans un désert, considéré comme indésirable, comme tous ses compatriotes, par les autochtones de la planète rouge. Un jour, une femme martienne lui amène et abandonne une enfant de 7 ans, Bisha, pour lui éviter la mort au sein de sa tribu : la jeune fille serait porteuse d'une malédiction...

La Malédiction de Bisha est une bonne nouvelle. Elle ne comporte rien d'exceptionnel, elle est courte et se déroule rapidement, elle ne joue pas avec de multiples rebondissements. Et pourtant, l'intérêt et le plaisir sont là. En quelques mots, Leigh Brackett parvient à créer deux personnages avec une relation forte, ainsi qu'un sense of wonder épatant concernant cette planète rouge inamicale. De quoi (re)motiver la lecture d'un pavé consacré à l'auteur.

« Vous nous tenez pour un peuple dégénéré et ignare. Or vous êtes un peuple ignorant, vous aussi, non parce que vous avez oublié mais parce que vous n’avez pas encore appris. »

Vingt-septième participation au challenge SFFF au féminin

vendredi 28 novembre 2014

Recueil collectif - Super-Héros

Super-Héros, Recueil collectif, 2014, 168 pages.

Alors que les super-héros sont plus que jamais à la mode et que les films, notamment, qui leur sont consacrés déferlent sur nos écrans, Elenya Editions a eu la bonne idée de consacrer un recueil de nouvelles à cette thématique. Avec l'ambition de s'éloigner des habituels clichés et de s'approprier le sujet de diverses manières. Notons dès à présent que chaque récit est accompagné d'un superbe dessin de Jimmy Rogon (à chaque fois sous la forme d'une couverture de comic).

Et l'originalité est au rendez-vous. Ici, point d'aventure classique de gentil contre méchant pour sauver le monde. Car, avant tout, le super-héros, ou tout du moins son pouvoir, n'est pas forcément si exceptionnel que cela. Et puis, il faut réussir à se l'approprier ce pouvoir qui fait rêver les foules. Sans compter que les super-vilains ne sont jamais loin, ni l'attrait du côté obscur de la force. Jusqu'au jour où il faut penser à sa succession...

Attardons-nous rapidement sur chaque texte, en commençant par ceux pour lesquels je dois avouer être passé plutôt à côté. "Colorman" de Christophe Gallo m'a essentiellement mis mal à l'aise et je n'ai pas réussi à envisager un quelconque double sens. "Le Cambrioleur masqué" de Tiphaine Levillain (le plus "classique" des textes avec une tentative de polar en quelques pages) et "Mauvais plan" de Doris Facciolo pâtissent d'un manque de surprise général, deux nouvelles à chute dont les chutes n'étonnent pas vraiment. Quant à "Thérapie" de Rémy Garcia, le texte est maîtrisé et sympathique, mais j'ai eu le problème d'être absolument certain de la chute au bout de la deuxième page...

Je suis plus enthousiaste avec tout le reste. Dans un genre (presque) aussi troublant que la nouvelle de Christophe Gallo, "Mille éclats" de Davy Artero a réussi à me garder jusqu'au bout malgré son étrangeté. "Worms" de John Steelwood et "L'Apocalypse selon Jonas" de O'Scaryne font partie des rares textes du recueil à avoir des fins assez ouvertes : j'ai aimé le côté machiavélique du premier ; le deuxième réussit à avoir une ampleur inattendue pour un sujet déroutant au premier abord.

Si j'ai déjà cité quelques nouvelles à chute ayant fait un flop, il y en a tout de même qui sont parvenus à mieux. "L'interview" de Louise Laurent, où je suis fait avoir comme un débutant, en est le parfait exemple. "Retraite anticipée" de Camille Courtain et "Apprenti" de Florent Baudry, deux nouvelles à la thématique proche, ont tout aussi bien fonctionné. Mais ma préférée du recueil n'est pas un récit qui tient sur sa chute : "Super 8" de Thomas Geha est une nouvelle très drôle de bout en bout, une utilisation parfaitement déjantée du super-héros (j'ai même envie de dire qu'avec cette nouvelle, "ça plane pour moi").

Super-héros est un recueil vif où l'on ne s'ennuie pas. En onze courts textes, on retrouve quasiment onze visions différentes du super-héros, onze idées originales que ce soit dans le style, le genre ou le sujet. Et même si aucune des nouvelles n'est véritablement exceptionnelle, la grande majorité est de bonne qualité et l'on passe un sympathique moment à la lecture de ce recueil.


Livre gagné chez Doris, merci à elle (Ô ingrat que je suis).

Sixième participation au Challenge Francofou

Vingt-sixième participation au challenge SFFF au féminin

mardi 25 novembre 2014

Stefan Platteau - Manesh

Manesh, Stefan Platteau, Tome 1/3 de "Les Sentiers des astres", 2014, 460 pages.

Deux gabarres, transportant une vingtaine de guerriers, remontent un fleuve en quête du Roi-diseur, un oracle qui pourrait changer le cours de la guerre. Sur le chemin, elles secourent un homme qui se fait appeler "Le Bâtard". Il est confié au Barde, qui doit lui soutirer son histoire.

Deux fils narratifs s'entrecroisent. Celui du Barde, qui conte le présent de l'intrigue et l'avancée des gabarres. Celui du Bâtard, son histoire personnelle et le pourquoi de son errement au fil de l'eau. Mais plus que deux récits qui s'affrontent, se rythment et jouent au ping-pong, cette double narration offre une découverte plus ample de l'univers si particulier de Manesh par deux regards bien différents.

Car si l'intrigue est forcément une chose importante, elle est ici limitée et seulement d'une importance secondaire. Ce qui étonne et captive dans Manesh, c'est cet arrière-plan fouillé et débordant d'informations à digérer. Un peu trop. Entre les conflits et rivalités bien réelles des humains et les présences brumeuses des Dieux et autres puissances supérieures et mythiques, il est difficile d'avoir une vision précise du tableau présenté par Stefan Platteau.

Un livre compliqué à maîtriser donc. Et ce malgré sa longueur, un beau pavé de près de 500 pages, dont on sort en commençant tout juste à avoir l'impression de comprendre ce qui se trame. Entre temps, on l'aura justement trouvé un peu long (le temps), l'univers foisonnant ne suffisant pas à garder l'intérêt d'une histoire en manquant sensiblement.

Si Manesh n'est qu'une introduction à la suite de la trilogie, c'est une introduction un peu longue, dont j'ai peur (voire la certitude) d'oublier les informations essentielles avant que le deuxième tome n'arrive. Pourtant, tout n'est pas à jeter dans ce livre qui comporte quelques qualités, notamment une ambiance forte pouvant sans mal évoquer des tas de récits mythiques, L'Odyssée d'Homère en tête.

L'avis bien plus enthousiaste de Julien.

Cinquième participation au Challenge Francofou

jeudi 20 novembre 2014

Lauren Beukes - Les Lumineuses

Les Lumineuses, Lauren Beukes, 2013, 374 pages.

Chicago, 1931. Harper Curtis, marginal violent et cinglé, découvre une maison abandonnée qui lui permettra de voyager dans le temps. À l'intérieur, il visualise des objets et des femmes, dans des halos de lumière, qu'il pense être destiné à tuer. Durant sa folle quête, l'une de ses cibles survit et ne désespère pas de le retrouver.

Lauren Beukes oblige, Les Lumineuses est un livre particulier, à la croisée des genres et ne rentrant pas aisément dans des cases. Pourtant, en comparaison de Zoo City et Moxyland, Les Lumineuses est peut-être le roman de l'auteur le plus abordable et le plus simple d'accès. Pour cause : il n'est question "que" d'un serial killer et de voyage dans le temps. Un polar donc, avec une pointe de fantastique qui n'est là que pour les besoins de l'intrigue "policière".

Conséquence partielle de cette moindre surprise concernant l'univers, j'ai sensiblement moins apprécié ce roman. À quelques rares exceptions, le voyage dans le temps n'apporte rien, si ce n'est encore plus de prévisibilité. Et comme cela concerne une bonne moitié du récit... Cette même moitié qui, faute d'un grand intérêt, tourne même au malaise devant cet enchaînement de meurtres violents et gratuits.

Malgré tout, et bien qu'étant mitigé pendant toute ma lecture, le sentiment général n'est pas si mauvais. Kirby et Dan, les deux "enquêteurs", sont sympathiques à suivre. Bien que n'atteignant pas pleinement son point, le voyage dans le temps permet de mettre en avant quelques femmes fortes au sein de l'Histoire américaine. Enfin, il y a une vraie atmosphère particulière qui se dégage et qui reste à l'esprit une fois le livre refermé.

Si Les Lumineuses n'est pas le roman le plus marquant de Lauren Beukes et comporte plusieurs faiblesses, il n'en reste pas moins un livre très correct. Surtout, il me semble une porte d'entrée intéressante et facile pour découvrir le style spécifique de l'auteur.


Vingt-cinquième participation au challenge SFFF au féminin

Premier décalage temporel pour le challenge Retour vers le Futur

lundi 17 novembre 2014

Glendon Swarthout - Homesman

Homesman, Glendon Swarthout, 1988, 281 pages.

Dans les plaines de l'Ouest américain, au milieu du XIXème siècle, l'hiver touche enfin à sa fin. Durant cette période d'isolement et de solitude pour les nouveaux propriétaires terriens, quatre femmes sont tombées dans la folie. Il est décidé de les renvoyer à l'Est, où leurs familles pourront s'occuper d'elle. Mary Bee Cuddy, ancienne institutrice, les y accompagnera, avec l'aide de Briggs, un voleur sans morale qu'elle a sauvé de la pendaison.

Point de cap à l'Ouest pour ce western. Au contraire, c'est vers l'Est que chevauchent les protagonistes. Mais cela ne change rien au décor et à l'ambiance, poussiéreuse à souhait. On y croise des indiens, des caravanes de colons, des paysans éparpillés dans les grandes plaines, des hommes qui prennent les armes,... Et même une paire de mules attachante.

Si la quatrième de couverture annonçait l'aventure d'une femme forte, j'ai trouvé que ce n'était nullement le cas. Refrénez vos ardeurs féministes, la population féminine de ce roman est loin d'être mise en valeur. Au contraire, elles n'apparaissent que comme incapables de survivre aux conditions difficiles de l'Ouest ou nécessitant en toutes occasions la protection d'un homme.

Peu importe. Briggs est là. Voleur sans scrupule, bandit sans morale, taiseux et sale, il est l'archétype du personnage qu'on ne devrait pas aimer mais qu'on ne peut s'empêcher d'adorer. Surtout, l'évolution de son caractère et de son attitude est menée de main de maître par Glendon Swarthout. Il est rare d'apprécier pleinement le devenir d'un personnage mystérieux qui, à la fin de son aventure, ne correspond souvent plus à ce qui nous avait charmé au départ. Pourtant, Glendon Swarthout y parvient, ne perdant rien de l'attrait de son "héros" tout en parvenant à le faire évoluer sans tomber dans certaines facilités.

L'évolution, c'est l'une des plus grandes forces d'Homesman. Car outre celle de ses personnages, il faut évoquer la qualité croissante de ce roman qui ne cesse de s'améliorer et d'être de plus en plus prenant au fil des pages. Pourtant, ce n'est pas un voyage de tout repos ou d'agrément que nous propose l'auteur, qui n'épargne pas ses personnages et se tient loin de toute gentillesse inutile. Mais malgré la dureté et la rudesse du récit, de celles qu'on peut attendre de ce genre de livre, la lecture s'avère toujours agréable. Et Homesman d'être un grand western.

vendredi 14 novembre 2014

Thomas Day - Sept secondes pour devenir un aigle

Sept secondes pour devenir un aigle, Thomas Day, 2013, 328 pages.

Sept secondes pour devenir un aigle est un recueil de 6 nouvelles de Thomas Day, dont 3 inédites, agrémenté d'une postface de Yannick Rumpala intitulée "Et la science-fiction entra elle aussi dans l'anthropocène...". Une thématique commune à toutes ces nouvelles : l'écologie, l'écologie humaine plus particulièrement, le rapport de l'être humain à la nature, la question environnementale.

Si l'on peut facilement qualifier ce recueil d'écologique, le terme ne doit pas effrayer le potentiel lecteur. Le ton n'est ni moralisateur ni trop didactique, permettant au message de passer bien plus naturellement et efficacement. Jamais Thomas Day ne nous dit quoi penser, jamais il ne nous assomme de bien-pensance. Au lecteur d'y trouver ce qu'il veut : de simples histoires ou un peu plus que cela.

L'autre grande force de ce recueil, c'est la variété de ses textes. Tout d'abord sur les lieux des intrigues (Amérique, Asie, Océanie), loin des terres américano-européennes habituelles. Mais surtout dans les situations abordées (voire au "genre" auquel elles se rapportent), parfaitement éloignées les unes des autres et pourtant toutes rattachables à ce thème central de relation à la nature. Aussi, les six nouvelles narrent six histoires précises aux enjeux propres, six cas particuliers mais non restrictifs.

La seule faiblesse, et c'est parfaitement subjectif, provient de l'ordre des nouvelles, les plus percutantes et marquantes se retrouvant toutes au début. Mais qu'à cela ne tienne, le recueil est globalement homogène et l'on prendra plaisir à lire chacune des 6 nouvelles. Car Sept secondes pour devenir un aigle est un recueil intelligent, qui donne à réfléchir sur notre devenir et celui de la planète, réaliste sans jamais se montrer inutilement pessimiste et, surtout, n'oubliant jamais le plaisir de lire de bonnes histoires.


Quatrième participation au Challenge Francofou

mardi 11 novembre 2014

Mika Biermann - Un Blanc

Un Blanc, Mika Biermann, 2013, 132 pages.

À bord du navire l'Astrofant, une expédition scientifique prend la route pour le pôle sud. Objectif : y déclencher un feu d'artifice le 31 décembre 2000 pour fêter l'entrée dans le nouveau millénaire.

L'histoire se déroule selon trois points de vue, comme les différents groupes qui se créent très rapidement : le commandant du navire, qui doit survivre après avoir été débarqué malencontreusement sur un iceberg avec trois compagnons d'infortune ; le second, que l'objectif du feu d'artifice rend sensiblement monomaniaque et complètement fou ; le cuisinier, un nain lubrique qui n'a d'autre ambition que son bien-être.

Un Blanc est un livre parfaitement fou. Envoyez une quinzaine de fugueurs d'un asile de fous en Antarctique et leurs aventures devraient être bien moins étranges que ce roman. Car les personnages sont ici tous plus timbrés les uns que les autres. Et bien que le nain lubrique est surement le plus fascinant et le plus "amusant" à suivre, la palme va tout de même au second dont l'obsession est... obsessive.

Un Blanc est un roman qui se lit bien, rythmé par le changement incessant de point de vue et par l'affluence de mini-péripéties. Plus long, on serait facilement tomber dans l'overdose et le désintérêt, mais sa longueur restreinte parvient à en faire seulement une sympathique (et surtout très barrée) aventure que l'on est content de lire chez soi, bien au chaud. Rien d'extraordinaire, mais un petit moment de folie polaire.

Livre lu suite à la chronique d'Efelle.

samedi 8 novembre 2014

Estelle Faye - Un Éclat de givre

Un Éclat de givre, Estelle Faye, 2014, 245 pages.

« Alors la Nature s’est révoltée. Oh, pas d’un coup. Pas dans un grand chambard général, pas comme dans les films-catastrophes étranges et exagérés qui se multipliaient autour de 2012. L’Apocalypse n’a pas eu lieu dans une immense explosion, une déflagration réduisant à néant, en quelques années, la civilisation entière. Non, le monde a mis du temps à mourir. C’est ça que l’homme n’a pas compris. »

2267. La nature a repris ses droits. Les populations survivantes s'agglutinent dans les capitales. À Paris, Chet est chanteur de jazz la nuit et vivote le jour dans diverses activités plus ou moins légales. Jusqu'au jour où il se retrouve embarqué, bon gré mal gré, dans une mission pour sauver la ville. Et comme il n'a rien de mieux à faire...

Une nouvelle fois, l'écriture d'Estelle Faye fait mouche pour dépayser le lecteur. Après la Chine douce et magique de Porcelaine, elle nous entraîne cette fois dans un Paris aux teintes musicales et sales, entre club de jazz et cour des miracles, où la beauté et la noirceur se mélangent en toute normalité. Saluons aussi la magnifique couverture d'Aurélien Police qui préfigure parfaitement ce cadre avant même d'en lire les premières lignes.

Si le cadre est déjà un argument presque suffisant pour apprécier ce livre, l'histoire n'est pas en reste. Suivre le sympathique et humain Chet, je ne trouve pas d'adjectif plus juste pour le qualifier, chercher son chemin vers la quiétude et la sérénité, tel Ulysse bataillant sur la route du retour, est un vrai régal. D'autant plus que l'intrigue a le bon sens de rester, malgré les implications fortes, à taille humaine. Ce qui n'interdit nullement un sens de l'extraordinaire, littéralement, mais sans jamais tomber dans l'incroyable, littéralement.

Un Éclat de givre est une nouvelle réussite pour Estelle Faye. Même si à froid on peut y déceler quelques faiblesses, la plongée est telle que l'on n'y prête aucune attention lors de la lecture. N'est-ce pas là l'essentiel ?

« Le sort m’offre un second round. L’occasion de me prouver que je peux rentrer là-bas, et en ressortir indemne. L’occasion de solder une partie de mes mauvais rêves. Je suis Chet et je marche seul. Je ne dois plus jamais l’oublier. »

Vingt-quatrième participation au challenge SFFF au féminin

Troisième participation au Challenge Francofou

mercredi 5 novembre 2014

Laurent Kloetzer - Le fer, la neige et le sang

Le Fer, la neige et le sang, Laurent Kloetzer, 2014, 23 pages (pdf).

La nouvelle gratuite du mois de novembre offerte par Le Bélial' est Le fer, la neige et le sang, une nouvelle de Laurent Kloetzer, à télécharger ici. Elle est extraite de Le Royaume blessé et autres récits de brumes et de barbares, publié en 2014, reprenant le roman Le Royaume blessé (paru en 2006) agrémenté de 12 nouvelles se déroulant dans le même univers, dont 10 inédites.

Depuis sa récente conquête, Kendall d'Harmorée est le nouveau roi de Dol, une contrée jadis prospère, avant l'arrivée de ces barbares pilleurs. Parmi ses alliés, il compte Grendel l'Elmédien, vassal indocile qui n'attend qu'une occasion pour prendre sa tête. Cette nouvelle conte cette occasion.

Le fer, la neige et le sang est presque essentiellement un combat à l'épée, une embuscade, une lutte dont l'objectif est la mort de l'adversaire bien avant sa propre survie. Point de grande réflexion, point de géopolitique complexe, point de philosophie et de morale. Ici, on se bat. Et c'est excellemment bon.

Après une courte introduction posant efficacement le cadre et une fois passée l'affluence de noms étrangers, les armes se déploient et s'envolent au rythme des mots acérés de Laurent Kloetzer. La tension monte, la conclusion est inéluctable. Mais si le plaisir brut et barbare de ce combat est déjà fort enthousiasmant en lui-même, il l'est encore davantage grâce à un petit plus, la présence d'un observateur quasi-anonyme, un laboureur qui apportera une certaine dose d'ironie (ou de morale ?) à toute cette histoire.

Le fer, la neige et le sang est une nouvelle qui est fidèle à son titre. À recommander à tous ceux qui en ont marre des pavés de fantasy qui ne font que parler mais ne passent jamais à l'action et aux combats. Un authentique "récit de brumes et de barbares", un texte court et simple pour un vrai grand plaisir.


Deuxième participation au Challenge Francofou

dimanche 2 novembre 2014

Walter M. Miller - Un Cantique pour Leibowitz

Un Cantique pour Leibowitz, Walter M. Miller, 1959, 347 pages.

États-Unis, dans le futur. Frère Francis, jeûnant dans le désert, rencontre un étonnant voyageur qui l'amène à découvrir un abri souterrain. À l'intérieur, des fragments d'une ancienne civilisation, de la vie avant l'Apocalypse. Potentiellement des reliques de Saint Leibowitz, dont l'abbaye qui porte son nom se concentre justement sur la conversation des mémoires du passé.

Ce piètre résumé n'est que le point de départ de la première partie d'Un Cantique pour Leibowitz, sur les trois que le livre comporte. Trois parties comme autant de nouvelles rassemblées dans ce fix-up, ayant comme unité de lieu commune l'abbaye de Leibowitz, à différentes époques.

Un Cantique pour Leibowitz est un post-apo en douceur. On en fait la découverte dans la première partie, où des moines tentent de conserver les reliques du temps passé. On en revivra, de loin, les raisons dans la deuxième et troisième partie. Car pour Walter M. Miller, l'espoir n'est pas permis et l'apocalypse n'est qu'un éternel recommencement.

L'influence de la guerre froide est évidente. La menace et la peur de la bombe atomique, l'utilisation négative de la science, la propension de l'homme à détourner toute chose en faveur du mal, ainsi que la question de la mémoire sont une grande partie des sujets abordés par l'auteur. En tant que conte philosophique, ce livre a des qualités indéniables.

Malheureusement, l'ensemble n'est pas si bon que cela. Si les sujets de réflexion sont intéressants, ils manquent bien souvent d'apporter quelque chose de nouveau à la question, de dépasser le stade des "banalités". Aussi, le pessimisme général et l'absence de solutions apportées (si ce n'est "l'Église est la seule capable d'être raisonnable") font perdre de l'intérêt au roman. Enfin, l'histoire en elle-même est relativement faible, quelques questions restent sans réponse et les personnages ne sont pas plus attachants que cela.

En tant que symbole d'une époque ou en ayant à l'esprit la volonté de lire un petit conte philosophique, Un Cantique pour Leibowitz comporte certainement des qualités. En tant que roman pur, en comparaison du reste de la production, on trouvera certainement mieux ailleurs.

Lecture faite dans le cadre de la lecture commune du mois d'octobre du Cercle d'Atuan. Les avis des autres Atuaniens : Euphemia, Vert

Quatrième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

mardi 28 octobre 2014

Keith Roberts - Pavane

Pavane, Keith Roberts, 1966, 253 pages.

Le point de divergence se situe en 1588. En cette année, la reine Elisabeth I d'Angleterre meurt assassinée et la Grande Armada espagnole n'est pas repoussée. La face du monde, de l'Europe tout du moins, en est bouleversée. Le XXème siècle n'est pas celui que nous avons connu : la révolution industrielle n'a pas eu lieu, le rail et les sémaphores sont ce qu'il y a de plus avancé, le Pape, dont le pouvoir n'a jamais décliné, interdisant tout développement de la technologie, cette sorcellerie.

C'est dans cet univers que Keith Roberts fait danser sa pavane à divers protagonistes qui n'interagiront entre eux que de manière lointaine. Car Pavane se compose de six récits ("mouvements") et d'un épilogue ("coda") qui sont presque autant de nouvelles indépendantes, chacun se concentrant sur un personnage propre. Et pourtant, si les histoires sont déjà excellentes en soi et que la concordance générale ne se distingue pas immédiatement, c'est bien dans sa globalité que Pavane devient génial et s'avère être bien plus qu'un simple fix-up.

Avec Pavane, Keith Roberts se veut quelque peu horloger. Ainsi, pour construire son chef-d'oeuvre, il assemble minutieusement ses nombreuses pièces. Dans celles-ci, on retrouve aussi bien des hommes et des femmes, avec le plus souvent leurs luttes et leurs tragédies, que des machines, trains à vapeur et sémaphores qui sont autant de personnages à part entière. Chaque chose est à sa place, chaque élément est contrôlé. Le tout forme une mécanique de précision inéluctable.

Pavane est un très grand livre dont je ne saurais rendre toute l'importance. À la fois pionnier du steampunk et classique de l'uchronie, c'est aussi une oeuvre de science-fiction qui s'offre quelques intrigantes touches de fantastique. Peu importe, Pavane dépasse les catégories pour créer quelque chose de plus grand. Un moment d'évasion dans une autre Angleterre, dont on ne ressortira pas forcément avec toutes les réponses mais assurément avec de très belles images plein la tête.

Un grand merci à Lorhkan pour la découverte

Troisième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

mardi 21 octobre 2014

Terry Pratchett - Mortimer

Mortimer, Terry Pratchett, Tome 4 des Annales du Disque-Monde, 1987, 297 pages.

« Je faisais passer les âmes dans l’autre monde. J’étais le tombeau de tous les espoirs. J’étais la réalité ultime. J’étais l’assassin devant qui aucune serrure ne résiste.
- Oui, j’entends bien, mais avez-vous des compétences particulières ? »

Mortimer, mais tout le monde l'appelle Morty, est un garçon qui n'est pas méchant mais qui n'arrive pas à grand chose. Quand son père essaye de lui trouver un apprentissage, il ne trouve personne. Ou presque. Puisque La Mort accepte de le prendre à son service.

Le voici, le voilà, La Mort est là ! Et il tient toutes ses promesses, tant les scènes où il apparaît sont autant de bons moments. Même si Morty est un bon personnage, il porte tout de même ce tome sur ses épaules.

C’est marrant, les sourcils, songea-t-il. C’est une fois qu’ils sont partis qu’on les remarque vraiment.

Pour le reste, c'est le Disque-Monde, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts des tomes précédents. Les fulgurances humoristiques sont exquises, mais j'ai du mal à rester accrocher et impliquer continuellement dans l'histoire. Les personnages secondaires, bien que souvent forts incroyables, me donnent rarement envie d'en apprendre plus sur eux. Et l'intrigue a parfois des allures de listing de péripéties interchangeables, qui se résoudront toutes dans la frénésie finale.

Le plaisir est là, il y a de très bons passages, mais ça n'atteint toujours pas un niveau exceptionnel sur la longueur. Je ne désespère pas, cela va bien finir par arriver, non ?

Une seule et unique créature aurait pu reproduire l’expression de leurs visages : un pigeon qui vient d’apprendre non seulement que Lord Nelson est descendu de sa colonne mais qu’on l’a aussi aperçu qui achetait un fusil à répétition calibre 12 et une boîte de cartouches.

samedi 18 octobre 2014

Mike Resnick - La Belle ténébreuse

La Belle ténébreuse, Mike Resnick, 1987, 320 pages.

Leonardo est un extraterrestre, gentil et pur, expert en art "humain". Engagé par un riche collectionneur, sournois et raciste, il part à la recherche d'oeuvres représentant "La Belle Ténébreuse", une femme en noir qui semble hanter des artistes méconnus depuis des millénaires.

La Belle ténébreuse a un gros problème : il ne faut que trois pages pour connaître toutes les informations concernant l'intrigue et sa "résolution". Pendant le reste du temps, on suivra les personnages balbutiant des explications et émettant des hypothèses dont nous connaissons déjà le résultat. Tout cela pour une conclusion qui n'en est pas une, bien trop ouverte pour être satisfaisante, à l'image du livre : n'apportant rien au mystère.

Au-delà de cette frustration, La Belle ténébreuse est pourtant un livre qui se lit facilement, bien aidé par la prédominance de ses dialogues. Mais pas que. L'évolution du personnage de Leonardo, herbivore candide influencé par son contact avec les hommes, est intéressante. Les péripéties du gentil extraterrestre entouré de méchants humains ne font pas ressentir une certaine caricature et donnent envie de les suivre plus longuement. Et puis, en arrière-plan, Mike Resnick n'oublie pas ses thèmes favoris et évoque le racisme, l'apartheid, l'acculturation.

Malheureusement, même si le cadre est sympathique, il n'est tout de même pas suffisant pour faire oublier une histoire trop faible. La Belle ténébreuse est bien loin d'être un Resnick majeur. On trouvera très facilement de bien meilleures lectures de l'auteur.

mercredi 15 octobre 2014

Craig Johnson - Little Bird

Little Bird, Craig Johnson, Tome 1 des Aventures de Walt Longmire, 2004, 409 pages.

Petit shérif tranquille dans le Wyoming, Walt Longmire vit dans sa routine et pense tranquillement à la retraite. Jusqu'à ce qu'on découvre un cadavre dans sa juridiction. Et pas n'importe quel cadavre : c'est celui de Cody Pritchard, un des quatre adolescents convaincus de viol deux ans plus tôt sur la jeune Little Bird, une indienne.

"La vengeance est un plat qui se mange froid". L'épigraphe de Little Bird laisse peu de place au doute sur le mobile de l'intrigue policière. Ce qui est bien dans l'esprit du livre, qui ne regorge pas de multiples rebondissements explosifs et suit une trame logique, presque normale. À vrai dire, s'il n'y avait pas eu le nombre de pages se réduisant, je n'avais aucune idée à 40 pages de la fin que l'histoire allait très bientôt se terminer.

Loin d'être tape à l'oeil, Little Bird est un polar calme, presque reposant, qui joue sur la sympathie plus que l'originalité. Cela cadre parfaitement avec l'environnement, l'ouest sauvage américain, entre grandes plaines et montagnes enneigées, encore en retrait par rapport au modernisme ambiant, avec ses petits comtés et ses réserves d'indiens. Un parfait cliché si ce n'était pas écrit par quelqu'un qui le vit au jour le jour.

Encore une fois, l'originalité n'est pas l'ingrédient principal, c'est un polar classique sur bien des aspects. Mais c'est aussi un roman sympathique, dont la valeur ajoutée provient d'un voyage au coeur d'une certaine Amérique. Dépaysement garanti.

dimanche 12 octobre 2014

Lauren Beukes - Moxyland

Moxyland, Lauren Beukes, 2008, 297 pages.

Le Cap, Afrique du Sud, futur proche. Les technologies, spécialement les nanotechnologies, sont omniprésentes. Les corporations font la loi. La fracture sociale est numérique. Le portable est aussi important que la vie, peut-être même plus tant il semble la contrôler. Pour nous faire visiter cette société, 4 jeunes et leurs histoires entremêlées seront nos guides.

Je ne dis rien de l'histoire pour deux raisons. Premièrement, en raconter quoi que ce soit reviendrait déjà à en dévoiler trop tant elle comporte peu d'éléments. Il faudra attendre 150 pages pour voir se dessiner un début d'intrigue, et les rebondissements ne seront pas nombreux. Peu importe. La deuxième raison, c'est que ce n'est pas pour l'histoire qu'il faut lire Moxyland.

Moxyland c'est le monde tel qu'il pourrait devenir, une société hyper-technologique, une dystopie cyberpunk dont toutes les composantes se développent au sein de notre société. Écrit en 2008, Lauren Beukes fait preuve d'un sens de la prédiction effrayant, comme le souligne sa postface et l'actualité, chaque jour un peu plus. Moxyland, c'est le monde tel qu'il est en train de devenir.

Flippant, frappant, Moxyland est un roman qui sonne malheureusement juste. À tel point que l'on excusera facilement une histoire balbutiante pour se prendre en pleine tête un cadre dur, sans concession ni espoir. Moxyland est de ces livres qui ne sont pas forcément agréables à lire (d'un point de vue intellectuel ; le style est lui efficace une fois passée la nausée des termes technologiques à foison), mais qui sont des rappels essentiels de ce vers quoi on se dirige.


Vingt-troisième participation au challenge SFFF au féminin

jeudi 9 octobre 2014

Terry Pratchett - La Huitième fille

La Huitième fille, Terry Pratchett, Tome 3 des Annales du Disque-Monde, 1987, 269 pages.

« La présente histoire parle de magie (...). Peut-être permettra-t-elle, cependant, d’expliquer pourquoi Gandalf ne s’est jamais marié et pourquoi Merlin était un homme. Parce que la présente histoire parle aussi de sexe, mais probablement pas dans le sens athlétique, acrobatique, comptez-les-jambes-et-divisez-par-deux du terme, à moins que les personnages n’échappent totalement au contrôle de l’auteur. Ils en seraient parfaitement capables. »

Première apparition de Mémé Ciredutemps, La Huitième fille conte l'aventure d'Esk pour entrer à l'Université Invisible et devenir la première femme mage (ou plutôt fille mage dans ce cas précis). Même si d'aventures, il n'y en a finalement que très peu, hormis sur la fin, et qu'il ne se passe globalement pas grand chose. Du coup, un peu comme dans La Huitième couleur, j'ai eu tendance à ne pas m'intéresser plus que ça aux personnages.

« Les chances sur un million, dit-elle, elles se réalisent neuf fois sur dix. »

Cela partait pourtant sur les chapeaux de roues avec des premières pages qui donnent envie d'être citées entièrement, se moquant intelligemment de la fantasy et de la magie. Par la suite, on notera tout de même une quelconque critique des droits, tronqués, des femmes. À ce propos, le titre anglais est bien plus parlant (Equal rites).

Un tome assez banal, qui se lit malgré tout très bien et qui contient tout de même quelques belles fulgurances. À coup sûr, le prochain sera meilleur.

« C’était en fait une de ces localités qui n’existent que pour permettre à des gens d’en être originaires. L’univers en est infesté : villages cachés, petites villes balayées par les vents sous des cieux immenses, voire cabanes isolées dans des montagnes glaciales, dont l’histoire retient seulement qu’ils ont été le lieu incroyablement ordinaire où un événement extraordinaire a pris naissance. Souvent il n’y a rien de plus qu’une petite plaque pour signaler que, contre toute vraisemblance gynécologique, un personnage très célèbre a vu le jour à mi-hauteur d’un mur. »

lundi 6 octobre 2014

Robin Hobb - Le Vaisseau magique / Le Navire aux esclaves / La Conquête de la liberté

Le Vaisseau magique / Le Navire aux esclaves / La Conquête de la liberté, Robin Hobb, Tome 1/3 des Aventuriers de la mer, 1998, 309/329/315 pages.

Au sud des Six-Duchés, entre Terrilville et Jamaillia, sur mer et sur terre, la vie de la famille Vestrit, des marchands liés au Peuple des Pluies, alors que leur vivenef est sur le point de s'éveiller. On suit aussi Kennit le pirate dans sa quête de pouvoir, ainsi qu'une troupe de serpents de mer...

Ces trois romans constituent le premier tome VO du cycle des Aventuriers de la mer. Un cycle qui lui-même se situe chronologiquement entre les deux cycles qui constituent L'Assassin royal. Il est d'ailleurs conseillé de les lire dans cet ordre chronologique puisque une partie de l'intrigue des Aventuriers de la mer est utilisé et révélé dans la deuxième partie de L'Assassin royal. Ou alors vous faites comme moi et vous le lisez bien longtemps après.

Pas de doute à avoir, Les Aventuriers de la mer est bien une série de Robin Hobb. Le style est là, plutôt lent et précis dans le détail des personnages. On n'échappe d'ailleurs pas à quelques personnages (ou situations) têtes à claques, soit parce qu'ils sont simplement trop idiots, soit parce qu'ils ne peuvent s'empêcher, involontairement, de toujours faire le mauvais choix.

Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de se retrouver pleinement impliqué dans l'histoire, d'avoir l'envie de connaître la suite, de s'attacher aux personnages et à cet univers. Un univers d'ailleurs sympathique, entre terre et mer, avec marchands et pirates, et la dose de mystère qui va bien. J'ai même eu la surprise de trouver ça moins détaillé que dans mes souvenirs de l'auteur, le niveau est vraiment comme il faut. Une sensation peut-être aidée par les multiples fils narratifs.

Au final, c'est un bon premier tome où l'on retrouve une histoire et un style typiques de Robin Hobb, avec suffisamment de différences pour renouveler l'intérêt. Ceux qui aimaient aimeront, ceux qui n'aimaient pas n'aimeront pas.


Vingt-deuxième participation au challenge SFFF au féminin

samedi 4 octobre 2014

Xavier Otzi - Les Pourris

Les Pourris, Xavier Otzi, 2014, 36 pages (pdf).

En pleine période de recrudescence de zombies, littéraires tout du moins, la nouvelle gratuite du mois d'octobre offerte par Le Bélial' est Les Pourris, une nouvelle de Xavier Otzi, premier texte SFFF de cet auteur français, à télécharger ici.

Autant le dire tout de suite : je n'aime pas les zombies. Bien que ne les ayant que très peu fréquentés. J'assume cet avis hâtif, je n'aime pas ce qu'ils symbolisent, une certaine apocalypse horrifique. Et tous ces morceaux qui tombent. Beurk.

Tout ça pour dire que mon avis est donc potentiellement biaisé (plus que d'habitude s'entend). Je n'ai pas apprécié ma lecture. D'abord, en être trop sensible, j'ai eu du mal avec certaines images. Mais j'ai aussi eu du mal avec l'histoire et son intrigue quasi-inexistante, la nouvelle dans son ensemble étant résumable en une phrase. L'idée centrale n'est pourtant pas trop mal, mais elle est insuffisante pour tenir le récit sur son dos.

Positivement, le style est plutôt agréable à lire, sa fluidité ne pose aucun problème. L'idée est, de mon point de vue de néophyte, plutôt originale. À part ça, très peu pour moi. Si les zombies ne vous rebutent pas, peut-être y trouverez-vous votre bonheur.


Première participation au Challenge Francofou

Première tentative pour le Zombies Challenge

jeudi 2 octobre 2014

Feux Divers #7 - 6 en 1 !

« - Il est frais mon challenge, il est frais !
- Il est pas frais ton challenge ! Venez voir mon challenge plutôt !
- Évidemment qu'il est frais mon challenge, c'est le tien qui sent le cramé !
- Je vais t'en donner moi du cramé ! »

En ce moment, c'est un peu ça la blogosphère, un grand capharnaüm où les challenges se multiplient. Malheureusement, le tout se passe dans une ambiance très calme et très sympathique, sans aucun créateur de challenges pour se mettre sur la figure, au plus grand désarroi d'Ordralfabétix et Cétautomatix.

Et moi, dans tout ça, je m'engage naïvement dans presque tout ce qui passe, jusqu'à avoir 4 challenges en parallèle pendant l'été. Deux ont pris fin, l'accalmie s'annonçait. Et paf, voilà que deux remplaçants prennent déjà leurs places. Tour d'horizon donc de 6 challenges : deux terminés, deux en cours et deux nouveaux.

Rupestre Fiction

Le challenge Rupestre Fiction a été organisé par Vert jusqu'au 31 août dernier. Un objectif : lire des livres traitant de la préhistoire, au sens large du terme.
Mon bilan est plutôt bon, puisque c'est quasiment trois lectures en trois mois et aucune déception :

- Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle
- Le Peuple des rennes de Megan Lindholm

Plus que 7/8 mois à attendre pour découvrir le prochain thème farfelu que choisira Vert !



Summer Star Wars : Episode II

Le Summer Star Wars : Episode II, organisé par Lhisbei et M. Lhisbei, a pris fin le 23 septembre. Dans la thématique, j'ai mis un peu de temps avant de trouver mon rythme de croisière mais j'ai fini par m'envoler régulièrement hors des frontières terrestres, le plus souvent pour ma plus grande joie !
Sur les 188 billets recensés au total, 16 sont de mon acte, avec 15 lectures et 1 article sur Doctor Who !

- Les Hommes-Fourmis du Tibet de Stephen Baxter
- Les Dépossédés d'Ursula Le Guin
- Redshirts de John Scalzi
- Le Visage du démon de Jack Vance
- L'Univers en folie de Fredric Brown
- L'Anniversaire du monde d'Ursula Le Guin
- Étoiles, garde à vous ! de Robert A. Heinlein
- L'Âge des étoiles de Robert A. Heinlein
- Dominium Mundi, Livre I de François Baranger
- Les Croisés du cosmos de Poul Anderson
- Dominium Mundi, Livre II de François Baranger
- Enfer de Mike Resnick
- Memoria de Laurent Genefort
- Le Vagabond de l'espace de Robert A. Heinlein
- L'Homme des jeux de Iain M. Banks

Énormément de très bonnes et excellentes lectures dans cette liste, n'hésitez pas à y piocher.
Merci Lhisbei pour l'organisation et l'initiation de nombreuses découvertes ! Je réserve dès à présent un ticket pour le voyage de l'an prochain !




Morwenna's List

Le challenge Lorhkan's List Morwenna's List est organisé par Cornwall du 1er juillet 2014 au 1er juillet 2015. Il consiste en la lecture d'oeuvres citées dans Morwenna, le livre de Jo Walton. Et il n'y a même pas besoin de l'avoir lu, puisque Lorhkan en a fait une super liste.
Seulement deux lectures pour le moment à mon actif, mais il reste du temps, et ce ne sont pas des lectures à renier, loin de là :

- Les Dépossédés d'Ursula Le Guin
- Terremer d'Ursula Le Guin

Hormis Pavane de Keith Roberts, rien de certain pour la suite. Souhaitez-moi du Ursula Le Guin. Et peut-être réussirai-je enfin à trouver un livre de Robert A. Heinlein cité dans Morwenna, je ne désespère pas.



SFFF au féminin

Le challenge SFFF au féminin est organisé par Tigger Lilly jusqu'au 8 mars 2015. Le but : lire de la SFFF écrite par des femmes.
À un peu plus de la moitié du challenge, j'en suis à 20 participations, un chiffre en bonne partie sponsorisé par La Décade de l'Imaginaire.

- Les Hommes dénaturés de Nancy Kress
- Sans âme de Gail Carriger
- L'une rêve, l'autre pas de Nancy Kress
- Sans parler du chien de Connie Willis
- Coeurs de rouille de Justine Niogret
- le Miroir d'Électre de Jeanne-A Debats
- Burgundia Remanence de Danielle Martinigol
- Homeostasie de Laurence Suhner
- Vers les airs de Camille Brissot
- Du rififi entre les oreilles d'Anne Fakhouri
- Horizon de Carina Rozenfeld
- Aknaktak de Sylvie Denis
- Les Dépossédés d'Ursula Le Guin
- Terremer d'Ursula Le Guin
- Les Dragons de Sa Majesté de Naomi Novik
- Le Trône de jade de Naomi Novik
- L'Anniversaire du monde d'Ursula Le Guin
- Le Peuple des rennes de Megan Lindholm
- Zoo City de Lauren Beukes

Pas d'inquiétude, j'ai encore suffisamment d'idées pour alimenter cette liste dans les prochains mois. Avec notamment l'envie de rattraper mon retard concernant les oeuvres de Robin Hobb que je n'ai pas encore lu (Les Aventuriers de la Mer et Les Cités des Anciens).



Challenge Francofou

Le Challenge Francofou est organisé par Doris du 1er octobre 2014 au 30 mars 2015. Comme son nom l'indique, il s'intéresse à la lecture d'oeuvres francophones dans le domaine de l'imaginaire.
Ayant participé à la première édition, je me suis évidemment engagé pour cette deuxième. Je ne suis pas sûr de faire autant de participations que l'an passé (16 semble-t-il, je ne me souvenais pas d'autant), mais je tâcherai de faire de mon mieux ! Ça sera peut-être l'occasion d'aller enfin faire un tour sur Omale...



Retour vers le Futur

Le challenge Retour vers le Futur est organisé par Lune du 21 octobre 2014 au 21 octobre 2015. Pour fêter les 30 ans du premier film et l'arrivée prochaine de Marty McFly à notre époque, il faut chroniquer des oeuvres sur le thème du voyage dans le temps.
Pris d'un instant de folie, et peut-être en partie poussé au vice, je me suis engagé à un minimum de 12 participations. Soit, pour se rassurer un peu, une chronique par mois, ce qui semble réalisable. Il y aura certainement du Poul Anderson et du Connie Willis dans le lot.



Bonus :
Zombies Challenge

Le Zombies Challenge est organisé par Cornwall à partir du 11 septembre et pour une durée de 28 semaines. Surfant sur la tendance zombie actuelle et les nombreuses parutions à venir, il nécessite évidemment de chroniquer des oeuvres évoquant les zombies et autres morts-vivants.
Je ne le considère pas comme un véritable challenge, étant donné que je ne ferai pas l'effort d'aller chercher spécifiquement des lectures zombies. Néanmoins, étant donné que j'aurais surement 2 ou 3 lectures rentrant dans ce cadre, je participerai passivement !

lundi 29 septembre 2014

Lauren Beukes - Zoo City

Zoo City, Lauren Beukes, 2010, 336 pages.

Imaginez un monde où la plupart des criminels se verraient assigner un animal. L'animalé et son animal sont totalement liés, jusque dans la mort : si l'un succombe, l'autre aussi. Mais cette liaison peut aussi créer quelques avantages et développer des compétences spécifiques. Ainsi, si Zinzi doit se trimbaler en permanence un paresseux, elle a aussi la faculté de retrouver les objets perdus.

L'intérêt principal de ce livre, c'est la plongée dans ce Johannesburg piteux, où les bas quartiers sont devenus cette "Zoo City", où les animalés font la loi et où il ne fait pas bon mettre le nez dehors. Un Johannesburg imaginaire, un peu magique, et pourtant pas si loin d'une certaine réalité.

Zoo City c'est aussi cette sensation typiquement africaine, un poil cliché, de ce mélange entre technologie balbutiante, rebut du reste du monde, et cette magie des anciens, la muti des chamanes. Ce cadre fort, qui navigue continuellement entre réalité et imaginaire, est la vraie force de ce roman.

L'histoire, l'autre histoire tant la plongée dans Johannesburg en est déjà une, prend rapidement des tournures de polar dans le monde de la musique. Un peu déroutant, parfois presque inintéressant, ce n'est pas ce qu'on retiendra du livre, même si le dénouement offre un choc bienvenu et une conclusion à l'image de l'ensemble : déstabilisant mais fort.

Zoo City est un livre plutôt dense dans le foisonnement d'idées et de thèmes à l'oeuvre. Pourtant, bien que la plongée dans l'univers soit abrupte, la compréhension se fait rapidement et en douceur. Si tout n'est peut-être pas parfait, Zoo City fait tout de même très bonne figure sur l'ensemble. Surtout, il est assurément différent, particulier, risqué. Et cela, on ne peut que le souligner et l'apprécier.


Vingt-et-unième participation au challenge SFFF au féminin

vendredi 26 septembre 2014

Robert Charles Wilson - Les Perséides

Les Perséides, Robert Charles Wilson, 1995, 40 pages (pdf).

À l'occasion de la sortie du recueil Les Perséides de Robert Charles Wilson, la nouvelle gratuite du mois de septembre offerte par Le Bélial' est Les Perséides, la nouvelle qui donne son titre au recueil, à télécharger ici.

Récemment divorcé, Michael vit dans sa solitude, partiellement volontaire, partiellement involontaire. Jusqu'à ce qu'il redécouvre sa passion pour les étoiles et la femme qui lui vend un télescope.

La solitude, c'est le thème central de cette nouvelle. Solitude du narrateur, solitude incontrôlée qui pousse les autres à le laisser là, avec lui-même, pour ne pas forcément s'en porter plus mal. Mais c'est aussi la solitude d'une espèce, seule parmi les étoiles, luttant contre le Paradoxe de Fermi, persuadée qu'il doit y avoir quelqu'un d'autre mais ne le trouvant pas.

Théories parmi d'autres, Robert Charles Wilson nous parle de la gnososphère, la sphère des idées culturelles, et d'une présence invisible, à tendance manipulatrice. Vague la plupart du temps, l'idée perd de son importance et de son intérêt quand elle prend - un peu plus - forme. En reste une réflexion intéressante, pas forcément révolutionnaire mais qui ne fait pas de mal. Et c'est un peu la sensation générale qui se dégage de la nouvelle : ce n'est pas révolutionnaire, mais c'est plutôt bien dit et il y a de bons passages. La lecture est plaisante, aucune raison de la bouder.